Tout à trac, voici une liste des petites choses à savoir sur les environs pour paraître expert ès bords de Marne.
A
Aviron
Mon sport ! Très complet -il sollicite les muscles des bras, des jambes, les
abdominaux...- il peut se pratiquer à huit, cinq dont un barreur, quatre, trois, deux, ou seul pour les plus expérimentés -plus l'embarcation est petite, plus l'équilibre est instable
!-... Ça fait belle lurette que les clubs d'aviron ont investi les bords de Marne : depuis la seconde moitié du XIXème siècle. Longtemps réservé aux populations les
plus aisées, l'aviron s'est ouvert à d'autres classes sociales à partir de l'entre-deux-guerres.
B
Batillage
La vague, qui dans le sillage de bateaux
à moteur, déferle contre les berges... Alors je sais bien, dès
qu'il fait beau, c'est sympa de partir en goguette dans un bateau à moteur et de laisser parler les chevaux, mais ayez une pensée émue pour ces berges, importantes pour la faune et
la flore, et ralentissez pour limiter l'impact de votre navigation.
C
Crues
Si la crue de 1658 a été la plus haute jamais enregistrée, celle de 1910 n'était pas mal
non plus. Si vous voulez vous rendre compte des niveaux atteints par la Marne entre janvier et mars 1910, regardez la signalétique par exemple sur la première pile du viaduc de Nogent :
c'est impressionnant !
D
Débit de la Marne
Actuellement, le débit de la Marne atteint 60 m3/seconde... Une donnée émise par la station du réseau d'hydrométrie de
Gournay sur Marne, qui agit pour le compte du ministère de l'Ecologie et du Développement Durable, comme celles de Créteil, Chalifert, Condé Saint-Libiaire, Meaux ou la Ferté sous Jouarre
pour la Marne francilienne. Lors de la crue de 2001 (forte mais sans plus), ce débit a été multiplié par près de dix : 543 m3/seconde.
www.vigicrues.ecologie.gouv.fr
E
Eau potable
Le Val de Marne est le premier producteur d'eau potable en France à partir des cours
d'eau.
Ecluses
Si vous suivez la Marne depuis Paris, vous pourrez en voir plusieurs, depuis Alfortville, Saint-Maur, Créteil jusqu'à Saint-Jean les 2 Jumeaux en passant par Neuilly sur Marne,
Vaires sur Marne, Chalifert, Lesches-Coupvray, Meaux, Isles les Meldeuses. Leurs horaires d'ouverture sont consultables sur le site des VNF.
F
Filmographie
Plusieurs films ont
brillamment rendu hommage
aux bords de Marne, à leur atmosphère,
aux guinguettes : le court métrage "Nogent, Eldorado
du dimanche" de Marcel Carné (1929) ; Casque d'Or,
de Jacques Becker (qui entre nous soit dit n'a pas été
tourné dans les parages) ; La Belle Equipe de Julien Duvivier. Sur la passerelle de Polangis, qu'apprécient ces pigeons éminemment stoïques, un panneau est là pour
le rappeler.
G
Guinguettes
Comme le rappelle l'association Culture Guinguette, la définition même de la
guinguette reste floue. Pour les uns, elle viendrait du vin consommé -guinguet, un vin aigrelet-, pour les autres, de la danse pratiquée -giguer. Quoi qu'il en soit, associées au nautisme et au
caractère champêtre, les guinguettes des bords de Marne connaissent un véritable essor entre la deuxième moitié du XIXème siècle et la seconde guerre mondiale : 400 établissements auraient existé
entre le pont de Charenton et Lagny sur Marne, avec chacun un style architectural et un type de clientèle propres. Parmi les plus célèbres, le restaurant Jullien sur l'île Fanac (évoqué par Zola
dans Au Bonheur des Dames), Convert (fermé en 1969) et le Casino Tanton à Nogent, la péniche à Joinville -devenue entre temps Chez Gégène). Les Parisiens venaient en masse y boire,
manger, jouer, danser, jouer et s'adonner au nautisme.
Aujourd'hui, cette activité pas toujours facile à rentabiliser, car saisonnière et dépendante des conditions climatiques (après Le Petit Robinson à Joinville, fermé depuis plus d'un an,
Gégène et le Moulin de Roland sont à leur tour menacés) reste indissociable des bords de Marne. Les communes en ont bien conscience : celle de Noisy Le Grand cherche un exploitant pour la
guinguette qu'elle a fait restaurer -La Pergola, sur la Rive-Charmante- ; Nogent sur Marne a testé fin juin la mise en place d'une guinguette éphémère avec Culture Guinguette
justement.
H
Haltes
fluviales
Accessibles aux bateaux de plaisance pour une
période donnée, avec souvent des branchements eau et électricité à la clé, elles existent à Lagny sur Marne, Meaux et la Ferté sous Jouarre.
I
Iles
Elles sont une quinzaine dans le Val de Marne, près du double sur la Marne en
Île de France. Au fil du temps, l'homme en a fait disparaître certaines (îles du Passeur, de Pierre Richard, des Courants, de Varenne, la Grande Île du Parc) pour améliorer la navigation
fluviale, elle en a soudé d'autres au "continent" (l'île de Beauté à Nogent en 1968). Certaines sont habitées et accessibles par pont, passerelle ou par bateau
exclusivement, d'autres sont restées totalement sauvages, comme celles classées réserve naturelle départementale de la boucle de Saint-Maur.
J
Joutes à la lance sur
l'eau
Directement issues des tournois de chevalerie du
Moyen-âge, ces joutes au programme de la plupart des fêtes sur la Marne entre le 19 et le 20ème siècle, attiraient un large public. Aujourd'hui, il est encore possible d'y assister,
lors notamment de la fête de la Marne en Seine et Marne, au mois de juin !
M
Moulins
Ils ont quasiment disparu, et pourtant les moulins
à eau étaient nombreux sur les bords de Marne.
Reste encore le Moulin de Quincangrogne,
à Montévrain, ex-potentiel rendez-vous de chasse
d'Henri IV, ex-papeterie Montévrain et désormais
propriété de la RATP qui l'a réaménagé en centre
de vacances ; et le Moulin de l'usine Menier
à Noisiel (photo ci-contre). Reconstruit en 1872
par l'architecte Jules Saulnier sur l'emplacement
de l'ancien moulin, datant de 1157, il a été le premier bâtiment au monde à présenter une structure métallique porteuse. Les céramiques de la façade lui donnent un aspect tapis
oriental très visuel, souligne la Fédération des Moulins de France (fdmf.fr ; contact@fdmf.fr). Classé Monument historique, il abrite actuellement le siège social de
Nestlé.
N
Navigabilité
La Marne est navigable sur 55 % du parcours, de la Ferté-sous-Jouarre à Meaux, de Chalifert à Vaires sur Marne, de
Neuilly sur Marne à Joinville le Pont, de l’aval de Saint-Maur à la confluence avec la Seine. Pour ne pas interrompre la navigation des bateaux, des tunnnels sous la Marne et des canaux de
dérivation ont été mis en place.
P
Passerelle de Bry
Une jolie passerelle piétonne qui relie Bry au Perreux, et qui a été construite par Gustave Eiffel en 1893.
Péniches
Pont de Nogent nouveau ?
Anne, ma soeur Anne, ne vois-tu rien venir ?
A la fin de l'année 2008, des travaux devaient démarrer sur le pont qui sépare Nogent / Le Perreux d'une part, Champigny d'autre part. Pour quoi faire ? Pour séparer
les flux autoroutiers et locaux sur le pont, réaliser un nouvel ouvrage d'art au-dessus de l'A4 et créer un cheminement pour les circulations douces (vélo, pied...) sur une passerelle tout
en courbe. Ce chantier, qui devrait durer deux ans et coûter 25 millions d'euros, n'a pas encore démarré contrairement aux prévisions.
Rappelons que le Pont de Nogent avait déjà été refait, puisque sa version initiale, avec ses trois arches en fonte inaugurée en 1899, avait laissé place à la forme actuelle en 1961. Si vous voulez découvrir le
projet en images, à défaut de le voir prendre forme sur site, rendez-vous sur www.pontdenogent.fr.
R
Ru de Polangis
Autour de ce petit bras de la Marne, creusé
à Joinville le Pont en 1886 pour attirer
les canotiers parisiens et les inciter à acheter
des parcelles, se niche désormais l'un des
quartiers pavillonnaires de la ville.
Seul hic : l'envasement du ru depuis
la construction des piliers de l'autoroute A4.
Ci-contre, passerelle au-dessus du ru, quai Polangis, et le ru vu du quai de la Marne.
T
Tunnels sous
la Marne
Mon premier (à
gauche) mesure 600 mètres de long
environ, permet aux bateaux d'aller
de Joinville à Alfortville sans passer par la
boucle de Saint-Maur ; mon second (photo de droite),
beaucoup plus court, de Chalifert à Condé
Sainte Libiaire sans passer par Jablines Annet...
Mon tout, ce sont les deux tunnels
de la Marne en Île de France.
U
Usine élévatoire
Toutes deux classées Monument Historique, toutes deux chargées depuis la deuxième moitié du XIXème siècle de puiser de l'eau dans la Marne pour compléter le niveau du
Canal de l'Ourcq situé respectivement à 40 et 12 mètres de là, les usines élévatoires de Trilbardou (signée Alphonse Sagebien) et Villers Lès Rigault (Louis Dominique Girard) sont visitables
certains jours. Informations : aufildelourcq.org - Contact : contact@aufildelourcq.org
V
Viaduc
Détruit par un dynamitage allemand,
le Viaduc de Nogent reconstruit trône vaillamment,
un pied à Champigny, un autre sur l'île des loups,
les autres à la frontière Nogent-Le Perreux.
Vin
"Ah le petit vin blanc, qu'on boit sous les tonnelles,
quand les filles sont belles,du côté de Nogent..."
Ces paroles signées Jean Dréjac -musique de Charles Borel-Clerc-
rendaient-ils hommage aux crus du coin ?
Jugés hier un peu rudes à boire, ils ont tout bonnement disparu.
Les vignes largement cultivées sur les coteaux de la Marne
depuis le 13ème siècle, de Nogent -Joinville jusque Saint-Thibault des Vignes et au delà, ont été anéanties par les maladies et l'urbanisation galopante.
Des initiatives sont menées ici où là pour redévelopper cette activité : à Champigny (les Vignes des Coteaux de Champigny), Nogent (Confrérie du petit vin blanc), au Perreux (Confrérie des
Sainfoins), à Saint-Maur des Fossés, Noisy le Grand (Confréries Saint-Vincent), Thorigny (association du Vignoble du Coteau de
Thorigny)...
Y
Yprema
Très branchée écologie industrielle et développement durable, l'installation de
traitement des mâchefers et autres matériaux de déconstruction Yprema, à Lagny sur Marne, a remis au goût du jour un moyen de transport écolo pour évacuer ses propres
résidus : un cheval de trait est chargé de tirer une barge sur le chemin de halage, direction l'usine d'incinération !


