Dimanche 28 mars 2010
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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Marne sans jamais avoir osé le
demander...
500
kilomètres entre la Haute-Marne et la Seine
La rivière de la Marne prend sa source sur le
plateau de Langres, en Haute Marne, et parcourt plus de 500 kilomètres avant de rejoindre la Seine à Alfortville. Au passage, elle cumule plusieurs fonctions : celle de
patrimoine paysager et biologique, de terrain de loisir aquatique et de première source d'alimentation en eau potable à partir des cours d'eau en France.
Les
crues, un phénomène naturel, oui, mais...
La Marne est belle, certes, mais aussi fougueuse et débordante.
Chaque année, entre l'hiver et le printemps, elle se laisse aller en moyenne à trois crues, en fait une conjugaison entre les pluies, la saturation en eau des sols, voire la
fonte des neiges. Les crues ont toujours existé, elles sont naturelles mais certaines sont plus lourdes à avaler que d'autres : celles de 1955, 1924, et surtout celle dite du siècle, 1910. Après
deux années pluvieuses consécutives, le bassin était saturé d'eau. Résultat, en janvier 1910, l'eau est montée très fortement, submergeant certaines maisons jusqu'au toit !
Des mesures de protection accrues
Si les dégâts ont été considérables (cultures noyées, arbres déracinés, murs minés, lignes de transport coupées), cette formidable inondation a eu au moins un effet
bénéfique. Elle a incité à prendre des mesures de protection plus importantes. Des murettes anti-crues ont été posées par les communes, et des lacs-réservoirs ont été créés sur le bassin
de la Seine, sur l'Yonne, la Seine, l'Aube et pour le plus grand d'entre eux, sur la Marne (lac du Der-Chantecoq en Haute-Marne, soit 350 millions de m3). Ces quatre ouvrages gérés
par l'IIBRBS, Institution interdépartementale des barrages-réservoirs du bassin de la Seine (iibrbs.fr), soutiennent les étiages en été et automne -elles relâchent l'eau
pour relever le niveau de la rivière- et limitent les perspectives d'inondations... sans les éliminer : leur capacité totale de stockage s'élève à 824 millions de m3, à comparer aux 3 à 4 milliards
déversés lors de la crue de 1910 !
Lac de Der-Chantecoq (Photo Pierre Pérouse 2002)
En parallèle, toujours pour mieux maîtriser
les risques, les pouvoirs publics cherchent à réduire le phénomène d'érosion des berges via des travaux d'aménagement. Ceux-ci passent de plus en plus souvent par la végétalisation, une
technique qui consiste à utiliser des végétaux vivants du cru... Ou comment faire d'une plante deux coups : maintenir les berges et développer des zones d'abris pour les
poissons.
Un nouveau 1910 est-il possible ?
Malgré tout, une inondation de grande ampleur peut encore survenir. Elle aurait même des conséquences
matérielles plus graves à cause de toutes les installations en sous-sol (métro, RER, parkings, chaudières...). Dans le seul Val de marne, une telle crue concernerait 20 % de la superficie du
département. Si vous souhaitez connaître les risques encourus par telle ou telle commune, vous pouvez consulter le PPRI, Plan de Prévention des Risques d'Inondation, dans la mairie
concernée. Et si vous voulez tout bonnement suivre le niveau des cours d'eau, vous pouvez aussi consulter sur internet la carte de vigilance des crues (vigicrues.ecologie.gouv.fr) actualisée deux fois par jour par le Service de Prévision des Crues du
Ministère de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement Durables.
Beauté des îles de la
Marne
Pas besoin de partir au bout du monde pour découvrir des îles : elles sont nombreuses à jalonner la Marne. Elles ont
servi de repaire aux ravageurs -ceux qui fouillaient la vase à la recherche d'objets entraînés par le courant-, aux vignerons -pour le fameux
"petit vin blanc à boire sous les tonnelles"- ; elles ont accueilli des restaurants (île Sainte-Catherine, île Fanac, île du Moulin Bateau...), des moulins (île du Moulin de Bry, du Moulin Brûlé à Maisons Alfort, du Moulin Bateau, à Bonneuil), des piles de
pont...
De gauche à droite, une île entre Champigny et Saint-Maur, l'Île de Beauté (Nogent), le passage île Sainte-Catherine-île Brise Pain
(Créteil), la pointe de l'île Fanac (Joinville) et l'île des Loups (barges du Manoir de l'île, partie Nogent).
Aujourd'hui, il en reste près d'une trentaine en région parisienne, certaines menacées par l'érosion et
donc consolidées par la végétalisation des berges (Gournay sur Marne), d'autres ont été classées Réserve Naturelle Départementale par le Conseil Général du Val de Marne (île des
Gords, de l'Abreuvoir et de Pissevinaigre entre
Saint-Maur et Champigny). L'objectif ? Maintenir et même accroître la biodiversité car ces îles naturelles de la réserve naturelle (entre Champigny et
Saint-recèlent
à elles seules une flore (centaine d'espèces végétales différentes) et une faune hors pair... C'est aussi pour les protéger, que la Marne n'est pas navigable dans
la zone préservée de la boucle de Saint-Maur.
Certaines îles sont habitées : quand elles n'ont pas été rattachées au"continent" (île de Beauté à Nogent), elles sont accessibles par la route ou une passerelle (île
Saint-Catherine, île Brise Pain à Créteil), ou en bateau exclusivement. C'est le cas de l'île du Moulin et de l'île d'Amour à Bry sur Marne, ou chez nous, sur l'île des Loups, à la croisée entre
Nogent et Le Perreux. Chaque matin, chaque soir, comme tous les autres habitants de l'île, nous montons dans notre barque ou notre barge personnelle pour rejoindre ou quitter -en
moins d'une minute- ledit continent.
A souligner ce commentaire de
Lucien Follet :
J'ai réalisé deux sites des Bords de Marne : "histoire et écologie" sur les rives gauche et droite de la rivière (photos, plans, cartes anciennes et Bornes), qui
contiennent d'importantes découvertes sur Chelles, Champs et Noisiel, qui devraient passionner les amoureux de cette belle rivière.
Par Sabine Durand
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